J’écris sur Google Docs, presque toujours à partir de mon téléphone (un Google Pixel 7 Pro), et ce que j’écris, sur la page même où je l’écris, est librement accessible à tout lecteur qui se connecte sur mon blog, sous l’onglet Librairie . Depuis hier, j’ai commencé à ajouter des photos à ces Bribes , de petites vidéos ne devraient pas tarder à suivre. Je n’écarte pas l’idée que le texte au moins de ma proposition puisse être un jour imprimé sur du papier. Mais, pour l’heure, je suis résolu à tirer tout le parti que je peux du format numérique dont les avantages me paraissent les suivants: La fabrication du livre numérique ne me coûte rien. Et le lecteur, à son tour, peut y avoir accès en temps réel et à titre gratuit. Je peux revenir indéfiniment sur ce que j’ai déjà écrit et publié pour le corriger: élaguer, ajouter, préciser, améliorer. Je peux y incruster des images et des sons. Ce parti pris me paraît celui qu’auraient adopté Jean-Luc Godard s’il avait écrit, ou Franz Kafka s’il v...
— Puis, l’homme s’avance d’un pas encore dans la lumière et il dit: “Monsieur Chauvé, savez-vous bien qui est votre patron?” Nous sommes à Cimiez, au jardin des Arènes, assis sur des chaises, les mains enfouies dans les poches de nos manteaux, le col relevé. Nous regardons les boulistes dont les ombres flottent dans le contrejour, au tiède soleil de l’après-midi, et, sans crier gare, comme frappé d’une soudaine inspiration, Albert a repris son récit. Depuis le décès d’Armand, l’humeur est morose, nous ne sommes plus que quatre. La phrase d’Albert m’a surpris en me réveillant d’un demi-sommeil dans lequel les joueurs de boules devenaient transparents, et je ne suis pas sûr d’avoir envie de le relancer, mais c’est Cynthia qui le fait. Elle dit: — Qui est ce type? Comment s’appelle-t-il? — Il s’appelle Arezki Balaouane, répond Albert, c’est du moins le nom qu’il donnera à Edmond un peu plus tard dans la nuit, quand il l’aura entraîné dans un café voisin où personne ne boit autre chose que...