Edmond traverse le jardin qu’il commence à connaître, dans les allées duquel il sait à présent où il faut baisser la tête pour passer sous les branches où de gros oiseaux vous regardent, qui semblent assis. Il franchit le portail qui se referme derrière lui et de nouveau sorti sur le trottoir de la rue de Malte, il retrouve la flaque d’eau qui se glisse sournoisement sous le rideau métallique d’un magasin situé à l’angle de la rue. Et, cette fois, il sourit de la voir, il serait prêt à lui parler, comme il arrive qu’on fasse avec un animal familier: “Mais tu as vu l’heure qu’il est? Tu t’en vas où ainsi? Non, ne t'approche pas, pas question que tu t’accroches à mes chaussures, tu vois, elles sont neuves, je ne veux pas les mouiller. Maïa était charmante, je t’assure, elle a beaucoup dansé et demain je travaille de bonne heure, il est temps que je rentre”, quand soudain une haute silhouette se dégage de l’ombre et une voix lui dit: — Elle vous intrigue. Vous êtes curieux de l’eau. V...
Edmond raccompagne Maïa chez elle, rue de Malte. Nous sommes au milieu de l’hiver. C’est une jeune habitude. Après le réveillon de Noël, Iliazd Mirevelt lui a dit: — Maïa a été heureuse de vous rencontrer, elle vous trouve sympathique. Vous aurez compris qu’elle sort beaucoup, pas toujours en très bonne compagnie. Je crois comprendre qu’elle accepterait que vous l'accompagniez quelquefois. Cela me conviendrait assez. Je vous donne son numéro de téléphone, à vous de vous montrer convaincant. Et c’est donc arrivé deux ou trois fois déjà, qu’Edmond l’accompagne dans des soirées où elle va, et dont il la ramène à des heures et dans des états à peu près décents. Les amis de Maïa, quand ils le voient arriver avec elle, portent sur lui des regards dédaigneux, comme ceux qu’ils adresseraient à un chauffeur ou un garde du corps qui sortirait de son rôle, et Edmond y répond en se tenant à l'écart pendant toute la soirée. De loin, il la regarde danser, il la regarde boire et flirter, et q...